( 16 juin, 2010 )

Les pieumes négu’

Les pieumes négu’  lijhentes
Sailli dau cofinâ t-à mirakye  , au mitan de bin d’outes marveilles thiytées peur Bitou en éritation peur les ghénérations seugantes  , vouéla ine affeire  qui revint baller sus l’éve  ( point trop assajhie dépeu ) de nout’ thiulture . En duvrant vous ourales  bin larghes  , vous compren’rez , qu’en des temps, Bitou songhit- en ricassant , à ouvragher peur que nout patoué séyisse causé peurtout en France et jhusque sus la lune ! O vint , o vint…….. o vint !!!

Dazar tout thieu sembye mystarieux !! Ol é Charly Grenon qui s’y cole ( encouére hureux que son p’ti nom séyisse pas Héli……  à cause d’hélicicole … qu’ol arit point d’ofense por in chérentais )  peur nous aspyiqué, sus l’en-bas,  le coument , le qu’é tout et l’porquoué de thielle istouére .

Dans le bulletin de la Sefco de mars-avril 1972 , Pierre BONNAUD (1) analyse longuement la « Grammaire saintongeaise » de Raymond DOUSSINET ( édition Rupella, La Rochelle, 1971 ) qu’il qualifie d’ « oeuvre magistrale ». Mais la bibliographie est critique et sans complaisance : C’est celle d’un exégète . Il préconise , en outre, une évolution du patois afin qu’il ne se sclérose pas et ne meure. Il se déclare partisan d’une certaine normalisation de la graphie, trop souvent torturée par les subiards (2) .

Pierre BONNAUD et Raymond DOUSSINET sont , le premier , « l’houme conséquent » et , le deuxième , le «  petit instituteur de campagne ».
L’analyse de Pierre BONNAUD ne fait pas de fixation sur un patois en particulier. On peut estimer qu’elle élève le débat, en considérant la thématique des parlers en général, avec toute la distanciation requise .

Le texte de BITOU est bien vu, qui met en situation trois Pays-Bâtiers, « benaises dans leû bots » et n’ayant de leçon à recevoir de personne , à fortiori « d’in’ étranjher: in’ouvergnat ! »
Rappelons que BITOU ( Guy MARQUAIS ) était de Bréville où R.DOUSSINET , grand sauveteur de patois saintongeais, fut « maître d’école » de 1922 à 1954 .

Quant à Pierre BONNAUD , c’est un savant « généraliste »qui , dès janvier-février 1970 s’exprime dans une « Tribune du Parlange » (in bulletin Sefco) pleine d’excellentes remarques , où il emploi à plusieurs reprises le mot composé « poitevin-saintongeais » qu’il lui arrive de troquer pour « langage des pays de l’Ouest ». Une appellation qui pourrait s’entendre , à la rigueur, s’il avait écrit langages (au pluriel).

On rejoint là le commentaire de BITOU, évoquant « Thieu fameux parlanghe d’ente Louère et Ghironde »: le poitevin-saintongeais , notion qui selon M. VALIERE dans « Haute-Saintonge » du 2 avril 2010, ne doit rien aux Poitevins, puisque son concepteur est « un Saintongeais  de Rochefort, Jacques DUGUET » lequel , tout « érudit majeur du pays charentais » qu’il soit , n’en est pas moins bel et bien Poitevin de Chauvigny, dont il est l’un des historiens reconnus ( cf Jacques DANIEL, in « Dictionnaire des Charentais », le croît vif, 2005 ).
Mais ceci est un autre débat. « Quoi que ! » eut dit Raymond DEVOS .                

    Pierre BONNAUD(1), maître-assistant de géographie à la faculté des lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand . Spécialiste de géographie du peuplement, son domaine de prédilection est celui du dialecte auvergnat (cf Sefco juillet-Août 1971, p 186, J.DUGUET)

                                                                                                                                                         Charly GRENON

    Subiard (2): Collaborateur du    » Subiet « 

    Pierre BONNAUD(1) note du Weeb master : D’origine saintongaise par son pére qui est né à Javrezac en Charente , il propose au début des années 1980 un système orthographique pour le « poitevin-saintongeais », adapté de celui qu’il avait déjà proposé pour l’auvergnat et appelé norme bonnaudienne. (cf: Pour une graphie adaptée aux caractéristiques de notre langue, dans Aguiaine bulletin de la SEFCO, tome XVI, 1er l., p2, n°108, 1982. )

1 Commentaire à “ Les pieumes négu’ ” »

  1. Michel Valière dit :

    Un plaisir de retrouver Guy Marquais, alias Bitou, l’auteur de La sauce de pire, qui avait eu la gentillesse de m’accueillir chez lui (au printemps 1972), alors qu’il était encore dans la tristesse d’un grand deuil. Il m’a permis d’enregistrer notre entretien (dans la langue de Molière qu’il maîtrisait à merveille) en présence d’un de ses amis d’enfance, artisan. Notre échange fut passionnant, notamment dans la mesure où il put exprimer comment il en est venu à s’intéresser autant au patois chérentais de ses aïeux…
    Un souvenir chaleureux.
    P.S.: Je ne sais plus qui le premier à utilisé “Poitevin-saintongeais”, j’en étais resté aux échanges de J.Duguet et P. Bonnaud, sans oublier Von Warburg lui-même… Je préfère me retirer définitivement de ce débat .
    Cher Célestin… je reste votre abonné “on line” par plaisir,  sachez que je me suis retiré de toute réflexion, commission, de tout débat public ou privé sur la question des langages autres que français, occitan (sous ses diverses appellations) voire catalan.
    Bravo encore pour votre blog, votre humeur agréable, votre humour. Mes amitiés à tous vos collègues et amis animateurs de ce blog et en particulier salutations cordiales et amicales à Charly, sefcoïste de la première heure (que je connais depuis 1965), et des meilleurs!

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|